Patrimonialisation de l’industrie (7 avril 2014, Eirest)

La séance du 07 avril 2014 de l’EIREST portera sur la thématique de la patrimonialisation de l’industrie. Elle est intitulée : « Economie hyper-industrielle, métropolisation et patrimoine industriel ».

A l’approche de l’Année Européenne du Patrimoine industriel et technique 2015, il s’agira d’interroger ce que les nouvelles échelles et tendances en matière de patrimonialisation de l’industrie nous apprennent d’un nouveau régime patrimonial en interaction avec la nouvelle étape de mondialisation et avec sa traduction urbaine.

Cette séance concerne prioritairement l’Axe 2 : « Patrimoine, Tourisme, Développement », mais toutes les thématiques du laboratoire peuvent s’y reconnaître, de la métropolisation aux imaginaires en passant par l’approche méthodologique.

C’est autour de la thématique du patrimoine industriel et à partir de l’exemple du Nord-Pas-de-Calais que se déroulera donc cette séance.

Nous accueillerons Catherine O’Miel, chargée du développement territorial à la Mission du Bassin Minier Nord-Pas-de-Calais.

La spécificité d’un contexte : le Nord-Pas-de-Calais un véritable cas d’école, un véritable « laboratoire » ?Il s’agira de comprendre et questionner le tournant culturel pris par le bassin industriel.

Le choix de la région Nord-Pas-de Calais vise à focaliser la recherche sur les dynamiques de reconversion régionale et sur le rôle qu’y joue une invention patrimoniale active et mobilisatrice, déployée à une échelle inédite. Si la région lilloise a connu depuis les années 1990 une « bifurcation métropolitaine » (D. Paris ; JF. Stevens) portée par le TGV-Nord et l’intégration européenne, l’arrière-pays reste marqué dans son paysage et dans ses structures par la crise économique, sociale et identitaire. L’ancien bassin minier, qui mise depuis la fin des années 1990 sur la dynamisation par les multinationales (Toyota Valenciennes), adopte aujourd’hui une stratégie d’insertion dans la mondialisation fondée sur la culture et le patrimoine. Avec l’inscription du Bassin minier Nord-Pas-de-Calais sur la Liste du Patrimoine mondial de l’Humanité au titre de Paysage Culturel Evolutif le 2 juillet 2012 (UNESCO, 36e session du comité du patrimoine mondial : 24 juin au 6 juillet 2012 à Saint-Pétersbourg) et l’inauguration du Louvre à Lens le 04 décembre, l’année 2012 marque un tournant culturel régional.

a dialectique patrimoine/modernité se trouve au cœur du processus de développement/redéveloppement territorial du Nord-Pas-de-Calais. Elle renvoie au lien entre mémoire et projet. Dans quelle mesure cette double stratégie articulée entre conservation et processus de patrimonialisation et/ou création et processus d’innovation contribue-elle à créer une nouvelle dynamique territoriale et une fabrique touristique du patrimoine et de la culture ? La réalité de ces terrains est à construire, elle s’inscrit dans une maturation en cours et surtout à venir.

Après cette année 2012 pleine de promesses, comment faire vivre ce patrimoine ? Comment habiter ce patrimoine ? Le travail se focalise désormais sur le temps de l’après-friche, de l’après reconnaissance patrimoniale, celui de l’appropriation et d’une réinsertion planifiée du patrimoine dans la ville posant et discutant la question de la redynamisation et de la revitalisation, tant urbaines qu’économiques. Il s’agit d’interroger et de suivre le futur de ces espaces affichant souvent de multiples ambitions : quelles nouvelles activités et nouvelles entreprises induites ? Comment les activités économiques, les entreprises, s’approprient-elles un territoire labellisé ?

Le patrimoine constitue le support privilégié de construction de la mémoire collective, qui permet d’inscrire des références identitaires dans la durée, par delà les ruptures, les crises, les mutations. D’un territoire familier au patrimoine universel : quelles démarches d’appropriation sont en cours ? Comment les populations s’approprient-elles cette labellisation patrimoniale ? Comment patrimonialiser sans muséifier ?

Quelle nouvelle image des territoires en question ? Quelle construction de l’attractivité dans la durée ? Production d’opérations isolées fonctionnant comme, des « implants » (E. Fagnoni) ou production d’opérations visant à la « clusterisation », agissant comme catalyseur et jouant un rôle territorial fédérateur par un remodelage en profondeur permettant de donner corps au projet d’ensemble ?

Le questionnement porte sur la dynamique du projet dans le temps, sur l’articulation des échelles spatiales et temporelles, sur le modèle d’insertion dans la métropolisation en gestation.

Quel(s)type(s) de tourisme est/sont adapté(s) à cette région en reconversion ? Le tourisme représentera-t-il un facteur de développement territorial, jouera-t-il son rôle d’ouverture ou, au contraire, viendra-t-il déstructurer le territoire ? Permettra-t-il de créer ce lien social et culturel avec les sociétés-hôtes ?

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