Axe 4 : Méthodes, Enquêter, Mesurer, Evaluer (M.E.M.E)

Axe « socle » Méthodes : Enquêter, Mesurer, Evaluer (M.E.M.E)

Responsables : Jean-Michel Chapuis, Saskia Cousin, Frédéric Thomas, Amandine Southon

En sus des trois axes de l’équipe, il nous a semblé pertinent de nous retrouver autour de questions méthodologiques liées à l’étude fondamentale ou appliquée du tourisme, qu’il s’agisse des méthodes d’enquêtes, des mesures d’impacts ou de retours sur investissement publics et privés, de l’évaluation des capacités de développement ou de transformation sociale des actions du tourisme solidaire, pour ne citer que quelques exemples. La finalité de cet axe « socle » est de tirer le plein bénéfice d’une équipe pluridisciplinaire en créant un lieu de débat théorique et méthodologique sur les outils de la recherche fondamentale et appliquée en tourisme, à travers des travaux concrets et une dimension réflexive. Tous les chercheurs de l’EIREST sont concernés par cet axe, mais certains ont plus particulièrement développé les réflexions sur les questions d’enquêtes, de mesure et d’évaluation : J.-M. Chapuis et O. Saissi, gestionnaires, F. Thomas, économiste, S. Cousin, J. Pabion, M. Regnault et A. Southon, anthropologues, Ch. Mengin, historienne de l’architecture, S. Jacquot, géographe, Ch. Petr, professeur de marketing, J. da Rugna et G. Chareyron, informaticiens.

 S’il constitue une proposition nouvelle, cet axe prend appui sur plusieurs projets menés par l’équipe dans le cadre du précédent quadriennal :

*Programme Transcender les frontières : les festivals, moyen de questionner les formes sociales, culturelles et territoriales, 2009-2011 (M. Gravari-Barbas, S. Jacquot, L. Garcia, M. Felix), Ministère de la Culture et DRAC Lorraine.

*Projet de recherche : Estimation de l’Impact de l’inscription des sites du patrimoine mondial, sous la direction de Rémy Prudhomme, Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO (2008) (M.Gravari-Barbas, S.Jacquot).

*Séminaire : Mesure et évaluation du tourisme sur les sites du patrimoine mondial : questionnements et outils, UNESCO, mai 2011. Journée organisée en collaboration avec l’association des biens Français du patrimoine mondial, ICOMOS France, l’UNESCO dans le cadre de la Convention France-UNESCO (M. Gravari-Barbas et S. Jacquot).

*Publication : Le tourisme à l’épreuve de l’enquête, espacestemps.net. dossier publié sous la direction de S. Cousin, notamment alimenté par les travaux du séminaire « Tourisme : Recherches, Institutions, Pratiques », intégré à l’EIREST en septembre 2011. 14 articles déjà publiés.

Ces différents projets et recherches ont permis d’avancer sur les questionnements inhérents à l’enquête, la mesure et l’évaluation du tourisme et nous ont amenés à souhaiter la structuration transversale de ces questionnements au sein de nos 3 axes de recherche.

 * Enquêter : A la suite de travaux méthodologiques et épistémologiques entrepris il y a plusieurs années dans le cadre du séminaire de recherche « Tourisme : Recherches, Institutions, Pratiques », puis de la publication d’un dossier pour la revue espacestemps.net, S. Cousin poursuivra au sein de l’EIREST ses recherches sur les méthodes d’enquêtes en sciences sociales appliquées à la question du tourisme. Pour leur part, J. da Rugna et G. Chareyron continueront leurs travaux d’exploration et d’exploitation d’internet et des contenus multimédias en les considérant comme une source de données quantitatives et qualitatives nouvelle dans le cadre de l’étude d’une destination touristique. Ces travaux ouvrent de nombreuses perspectives de recherche, tant du point de vue informatique théorique que du point de vue de l’interprétation. Notamment, de nouveaux outils de datamining et d’extraction d’informations complexes ont été développés pour lever des verrous scientifiques forts : représentation et fusion de données hétérogènes, nettoyage de données bruitées, reconnaissance de profils utilisateurs par apprentissage automatique, calibration et correction du biais engendré par ce type de données.

Cette thématique « enquête » permettra de confronter des enquêtes qualitatives et quantitatives, de comparer des terrains issus d’aires géographiques variées, de croiser les approches disciplinaires. Nous chercherons à identifier quelques notions interprétatives susceptibles d’aider à la compréhension des phénomènes de mobilité touristique, de leur organisation et de leurs enjeux politiques, économiques et sociaux.

 * Mesurer : J.-M. Chapuis poursuivra ses travaux de recherche sur les dynamiques croisées des décisions financières des entreprises, d’une part, des prix fixés par les entreprises, de l’autre. L’association d’une démarche qualitative portant sur les théories contractuelles des organisations, et de la recherche opérationnelle à caractère quantitatif permettra d’explorer les problématiques de l’architecture organisationnelle dans une optique d’aide à la décision (par ex. le financement des entreprises, la coopération entre les acteurs des filières du tourisme), ainsi que le champ de connaissances de l’optimisation du chiffre d’affaires. Le positionnement de cette recherche est original dans le sens où il décrit la dynamique des prix dans le secteur du tourisme, thème à la frontière du marketing et de la recherche opérationnelle, avec des implications dans le domaine des avantages concurrentiels des entreprises, des destinations et des pratiques de consommation du tourisme.

Poursuivant les réflexions sur « la mesure du développement » initiées dans le cadre du GIS GEMDEV, Ch. Mengin et S. Cousin travailleront sur les questions négligées et les simplifications engendrées par les choix qui ont présidé à la mesure elle-même. A partir du cas de la mesure des effets de la valorisation du patrimoine urbain, elles se pencheront notamment sur les oublis qui président aux transferts, dans les pays en développement, de modèles conçus pour l’Europe. Les études d’impact et les outils méthodologiques d’évaluation de la mise en valeur du patrimoine urbain seront testées à l’aune des résultats d’enquêtes centrées sur les modalités d’appropriation (ou de rejet) du patrimoine. Il s’agira de se pencher sur l’articulation – ou la confrontation – entre le consensus international sur ce qui constitue le patrimoine bâti, les dynamiques de la mondialisation des valeurs, et des contextes socio-culturels. Ces travaux croiseront ceux d’A. Southon et de J. Pabion sur l’évaluation des modalités d’appropriations du tourisme durable ou équitable par les populations locales.

De son coté, Ch. Petr poursuivra ses travaux croisant observations ethnographique, « éthologique », et données physiologiques. En bref, les méthodologies mobilisées impliquent d’utiliser tous les outils traditionnels (questionnaires, entretiens individuels, entretiens de groupes, techniques projectives, etc.) mais aussi de se rapprocher des spécialistes de l’observation comportementale et sensorielle. Les résultats obtenus permettent de faire des propositions de politiques d’actions (pour les entreprises en marketing, mais aussi les associations et les institutionnels responsables de territoire selon les missions qu’ils leur sont assignées).

 * Evaluer : Dans la continuité de son travail de doctorat, et forte de son expérience d’animatrice du Picri « Evaluer les pratiques des associations de tourisme équitable et solidaire » au sein de l’Association pour le tourisme équitable et solidaire (ATES), A. Southon travaillera sur les indicateurs et les outils d’évaluation du tourisme durable dans les Pays en Développement. Elle développera également ses recherches sur les connections possibles entre socio-anthropologie du développement, études de faisabilité, et cadre d’analyse des impacts du tourisme équitable.

A la suite de plusieurs communications sur le sujet, S. Jacquot et M. Gravari Barbas mèneront à termes une étude visant à comprendre les ressorts de l’évaluation des biens du patrimoine mondial, effectuée par l’ICOMOS et l’IUCN, puis les instances du Patrimoine mondial (bureau et comité), à travers à la fois l’évaluation des dossiers de candidature et le suivi des biens, notamment via l’inscription sur la liste du patrimoine en péril. Le travail s’effectue en considérant comme un corpus l’ensemble des décisions, comptes rendus, rapports d’évaluation, pour y appliquer une analyse textuelle, une analyse des décisions de façon diachronique et synchronique, et identifier des cas d’étude. Dans ce travail est privilégiée la façon dont le tourisme interagit avec les évaluations et identifications des menaces.

De son coté, F. Thomas développera son travail sur l’évaluation des effets des investissements directs étrangers (IDE), l’une des variables économiques les plus importantes dans le processus de développement des destinations touristiques. Il s’agira d’étudier la place croissante des politiques de développement durable dans l’attractivité aux IDE, la relation entre type de produit (bien manufacturés, services (hard et soft)) et mode d’entrée choisi par les investisseurs, tout en clarifiant le rôle attendu des autorités locales ou du pouvoir décentralisé. Cette recherche globale sera notamment menée au travers un partenariat entre l’EIREST et l’Alliance Globale pour un Tourisme Durable (GSTC). D’autres acteurs comme la Banque Mondiale et plus précisément l’IFC (International Finance Corporation) seront intéressés au projet. Ce travail alliant à la fois recherche appliquée et recherche et développement a pour ambition de positionner l’EIREST comme un acteur important de la recherche internationale en économie du tourisme.

Ces trois approches (enquêter, mesurer, évaluer) seront testées dans le cadre d’un projet mis en, place en collaboration avec l’OMT, portant sur l’Evaluation des Destinations Touristiques. Ce projet sera notamment porté par M. Weigert, doctorant à l’IPEMED, et qui travaille sur les conditions d’accueil de firmes qui jouent un rôle fondamental dans la structuration des territoires et des économies touristiques. L’analyse de leurs stratégies de développement international montre que, pour elles, les conditions d’accueil de la destination sont tout aussi déterminantes que son intérêt touristique. La composante méthodologique de l’évaluation des destinations nécessite alors une réflexion sur les variables et les invariants qui déterminent un développement touristique, puis sur la manière dont il est possible de les convertir en critères évaluables. Ce projet a donc pour vocation l’analyse réflexive des modèles, approches, critères d’évaluation adoptés au cours des dernières années par les institutions régionales, nationales et internationales. Il s’agit de produire une grille de lecture des finalités de ces schémas d’évaluation, de leur pertinence, de leurs limites. Dans un deuxième temps, l’équipe proposera un modèle d’évaluation multicritères et multiscalaire susceptible de permettre l’auto-évaluation des destinations touristiques en fonction d’un ensemble de critères préétablis.

Cette recherche répond à une demande économique forte et affirmée des partenaires de l’EIREST qui pourrait permettre à notre équipe de se positionner sur le registre croisé de la recherche théorique et appliquée.

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