Axe 2 : Tourisme, Patrimoine, Développement

Tourisme, Patrimoine, Développement

Responsables : Géraldine Djament-Tran, Edith Fagnoni

Le projet pour le prochain quinquennal vise à approfondir l’examen pluri- et interdisciplinaire de l’hypothèse d’une reconfiguration des relations entre tourisme, patrimoine, développement à l’heure d’une nouvelle étape de mondialisation du tourisme, d’une nouvelle fabrique touristique globalisée du patrimoine et du développement durable.

Une thématique transversale : le patrimoine mondial, un projet collectif structurant : la patrimondialisation

Les travaux de nombreux chercheurs et doctorants de l’équipe continueront de porter sur des sites inscrits au Patrimoine mondial, dans différentes parties du monde.

L’analyse de la procédure d’inscription sur la liste du Patrimoine mondial lancée par Sébastien Jacquot sera systématisée : il s’agit d’analyser les reformulations de la valeur patrimoniale induites par le passage à l’échelle mondiale (reformulations des critères justifiant l’inscription et/ou du périmètre des sites lors de l’expertise de l’ICOMOS et de la décision finale du Comité du patrimoine mondial) et plus largement les relations entre échelles locale, nationale et mondiale qui se nouent autour de la labellisation « patrimoine mondial »

Un projet structurant pré-intitulé « Patrimondialisation et nouvelles mobilités touristiques », lancé à la fin 2011, débouchera en 2013 sur une publication collective croisant les terrains de recherche des membres du laboratoire. Son ambition théorique, qui excède le label Unesco pour interroger l’hypothèse d’un nouveau régime de patrimonialité, consiste à présenter les ressorts, les produits socio-spatiaux et les limites de la mondialisation touristique du patrimoine.

Cet axe continuera à être dynamisé par la collaboration étroite avec la Chaire UNESCO et le réseau UNITWIN UNESCO « Culture, Tourisme, développement ».

 Une investigation des « nouveaux patrimoines » et de leur mise en tourisme

 L’analyse des recompositions, et non seulement des extensions, du champ patrimonial conduira à examiner les « nouveaux patrimoines », leurs procédures de patrimonialisation et leurs fonctions sociales et/ou spatiales. Le patrimoine du XXe siècle, le patrimoine industriel, le patrimoine «naturel » et, en lien avec l’axe Imaginaires, le patrimoine immatériel seront privilégiés.

Un travail collectif consacré à l’extension voire la dilatation du patrimoine aux vestiges industriels et à ses effets de mobilisation territoriale a débuté en 2012 avec le suivi de la candidature du Bassin Minier Uni (BMU) du Nord-Pas-de-Calais à l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial.

Les politiques récentes de l’Unesco – relativisation de la dichotomie entre patrimoine naturel et patrimoine culturel au profit de la notion de paysage culturel et de la promotion des sites mixtes, élaboration d’une liste du patrimoine immatériel – constituent des objets d’investigation privilégiés.

La question du patrimoine et du tourisme de banlieue continuera également à faire l’objet d’une élaboration théorique notamment basée sur plusieurs travaux de terrains sur le territoire de Plaine Commune.

 Une analyse de la métropolisation patrimoniale et touristique

 Au croisement des axes 1 et 2, le lien entre ces « nouveaux patrimoines » et le processus de métropolisation sera examiné à plusieurs niveaux, le Grand Paris faisant l’objet d’une attention particulière.

– L’analyse précisera comment la métropolisation interfère avec la patrimonialisation.

– Elle cernera le rôle du patrimoine et du tourisme dans le paradigme actuel de la créativité, par exemple en étudiant le réseau Unesco des villes créatives.

– Elle identifiera les nouvelles tendances de la muséalisation et de la muséification de l’espace urbain à l’heure métropolitaine, dans la lignée des travaux actuellement menés sur le commerce dans les sites patrimonialisés10 ou sur la starchitecture11. Le passage de la notion de centre historique à celle de paysage urbain historique dans les recommandations de l’Unesco sera notamment étudié.

– Elle listera systématiquement les fonctions métropolitaines du couple patrimoine-tourisme.

– Elle s’attachera aux nouveaux conflits patrimoniaux de la métropolisation.

L’étude des nouvelles dynamiques touristiques et patrimoniales dans les pays du Sud

L’étude de la mondialisation du patrimoine conduira également à étudier les nouvelles dynamiques touristiques et patrimoniales qui se manifestent dans les pays du sud. Une attention particulière sera portée aux pays émergents, dont l’évolution suscite de nombreuses questions : quels acteurs et quelles logiques interviennent dans la patrimonialisation et la valorisation des patrimoines de ces destinations touristiques émergentes ? Quelle circulation de modèles se manifeste ? Quelles politiques de développement y sont associées ? À quels territoires et à quels groupes sociaux profitent-elles ? Quelles transformations urbaines et rurales accompagnent-elles ? Comment s’intègrent-elles au processus de construction nationale dans un contexte post-colonial ?

Les relations qu’entretient l’équipe, via l’IREST, avec l’Université Française du Caire (UFE) (Master « Heritage Management » ouvert en 2012) et avec l’Université Senghor d’Alexandrie permettront, à moyen terme, d’initier des terrains au Caire, en partenariat avec l’IRD (Galila El Kadi), le CEDEJ (Sandrine Gamblin) et l’IFAO.

Une approche en termes de régimes, d’échelles et de temporalités

La consolidation de l’hypothèse théorique d’un nouveau régime de patrimonialité touristique mondialisé conduira également à analyser les reconfigurations du régime d’authenticité (L. Morisset), à questionner le régime d’historicité présentiste (F. Hartog) et le paradigme du développement durable, dont l’application sur les sites du patrimoine mondial sera questionnée, dans ses dimensions sociale et environnementale.

Dans cette perspective sera mené un travail systématique sur les nouvelles échelles (promotion du patrimoine européen, diffusion du patrimoine mondial…) et temporalités (patrimoine du temps présent, événementialité, rapport à l’innovation…) patrimonialo-touristiques.

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