Axe 1 : Tourisme et métropolisation

Tourisme et métropolisation

Cet axe est coordonné par Carine Fournier (géographie) et Sébastien Jacquot (géographie).

Le projet quinquennal de l’axe tourisme et métropolisation s’attachera à intégrer la métropolisation touristique dans le cadre de la fabrique métropolitaine, en se focalisant sur les mobilités et pratiques touristiques, les investissements et régulations, et les imaginaires touristiques métropolitains.

En outre, dans le cadre du projet quinquennal, l’articulation entre tourisme et métropolisation fera l’objet d’une approche comparative, les résultats acquis dans le cadre du Grand Paris étant testés à d’autres métropoles, européennes et internationales. En particulier Barcelone (C. Fournier), Rome (G.Djament), New York (M. Gravari-Barbas), Valparaiso (S. Jacquot) font l’objet d’investigations de terrain par des chercheurs de l’EIREST sur ce thème. Les inscriptions doctorales pourront concerner dans le cadre de l’axe 1 de nouvelles métropoles.

Quatre perspectives structurent le projet de recherche.

Produire la métropole touristique : Comment est produite la métropole touristique, tant à travers ses régulations, les investissements touristiques, et les projets réalisés ? Cet axe interroge la dimension politique et économique de la métropole touristique, entre stratégies publiques et privées.

*La construction de la politique touristique et patrimoniale en périphéries métropolitaines. La régulation touristique métropolitaine est tendue entre une volonté de coordination de l’ensemble et la constitution de territoires touristiques locaux, comme le montrent les exemples des territoires de la Petite Couronne Parisienne, ou les villes moyennes en bordure des espaces métropolitains (Tolède pour Madrid, Reims pour Paris). G. Djament et S. Jacquot ont entamé un travail sur Plaine Commune et Boulogne Commune, à partir d’archives publiques et d’études des politiques actuelles, pour saisir la naissance de politiques touristiques et patrimoniales à de nouvelles échelles et dans de nouveaux espaces métropolitains. S. Jolly mène actuellement une thèse sur les régulations publiques multiscalaires, entre Reims et le Grand Paris. Un travail sur les modes de gouvernance a été entamé à l’occasion d’un terrain de recherches à Barcelone, permettant une démarche comparative (S. Cousin, E. Fagnoni, M. Gravari Barbas, S. Jacquot). Par ailleurs, l’articulation des politiques patrimoniales, muséales et événementielles à la fabrique touristique métropolitaine a été travaillée dans le cadre du quadriennal précédent (musée en périphérie parisienne, patrimoine de banlieue, et sera poursuivie dans le prochain quinquennal (G. Djament, E. Fagnoni, M. Gravari Barbas, A. Herzog, et S. Jacquot). Une thèse en cours interroge l’articulation entre politiques muséales de star-architecture et fabrique métropolitaine et touristique (C. Renard).

*Les stratégies d’investissement hôtelier, marquées par plusieurs types d’explications (concurrences, différenciation des clientèles, projets urbains polarisateurs), dessinent de nouveaux contours à l’espace touristique métropolitain. Il s’agit à la fois d’expliquer leur stratégie d’investissement, et les régulations publiques privées nouées pour accompagner ou susciter ces investissements, dans le cadre de la ville entrepreneuriale. Un travail mené par X. Decelle et S. Jacquot a posé plusieurs hypothèses sur ces questions, qui seront approfondies dans le cadre de ce nouveau quinquennal. X. Decelle mène également des recherches sur les questions d’innovation, au sein de la métropole touristique. C. Lachièze développe une réflexion sur l’évolution des structures juridiques de l’hôtellerie : on assiste actuellement au développement de l’hôtellerie en réseau au détriment de l’hôtellerie indépendante.

Parcourir et pratiquer la métropole touristique : Cette perspective porte sur les mobilités et pratiques touristiques au sein de la métropole, dans les espaces centraux comme périphériques.

*La question des rythmes spatio-temporels en métropole constitue un premier fil directeur de cette entrée par les pratiques. Après la thèse de M. Gerardot en 2009, a été soutenue en 2012 une thèse (A. Chapuis) sur les pratiques spatiales des touristes à Amsterdam, questionnant l’acquisition de compétences spatiales. L’étude menée par S. Cousin, J. Da Rugna, G. Chareyron, S. Jacquot (cf axe imaginaires) permet également de questionner les itinéraires au sein de la métropole et à l’échelle des sites. La métropole parisienne et Versailles ont déjà fait l’objet d’applications dans ce cadre, permettant de questionner les modalités des mobilités touristiques.

*La banalisation du fait touristique en métropole constitue une seconde façon d’appréhender les pratiques. Par cela nous interrogeons la fin des paradigmes de la rupture entre tourisme et quotidienneté. À l’inverse, certains touristes constituent des usagers réguliers de certaines métropoles, alimentant une gentrification touristique, tandis que les pratiques de consommation, notamment festives, les mêlent aux habitants ordinaires. Le Marais a constitué un terrain de recherches sur ces enjeux depuis 2009 (M. Gravari Barbas, A-C. Mermet, A. Chapuis), et une thèse CIFRE est en cours au sein de la mairie du 4e arrondissement (C. Fayollas).

Imaginer et transgresser la métropole touristique : Cette perspective constitue un croisement avec l’axe «imaginaires touristiques ». Quelle efficacité et résilience ont les images et textes produits, relayés, échangés, sur la métropole touristique ? Comment les pratiques ou projets contribuent à reconfigurer ces imaginaires ?

*Un premier travail, ébauché déjà pour Paris, porte sur une analyse menée sur le long terme des guides touristiques, en étant attentifs à la place des périphéries, et en analysant les guides comme prescripteurs, pour saisir l’évolution des espaces touristiques prescrits et en creux les espaces invisibles du point de vue du tourisme (S. Jacquot, C. Fournier, A. Chapuis).

*Ce travail sur les guides doit être confronté aux énoncés publics portés sur la métropole touristique, pour saisir leurs imbrications mais aussi la dimension performative des discours publics portés, et le rôle des intermédiaires (S. Cousin, croisement avec l’axe imaginaires).

*Dans le cadre de la préparation du colloque en 2014 (en partenariat avec l’Université de Genève et le TSWG de l’Université de Californie à Berkeley) sur « tourisme et érotisme », seront lancées des recherches sur les pratiques et imaginaires du plaisir associés aux métropoles (M. Gravari Barbas, L. Boukhris).

Cartographier la métropole touristique (coord. C. Fournier) : Cette perspective est transversale aux trois précédentes, et vise à produire des bases de données géoréférencées, pour imaginer de nouveaux modes de représentation de la métropole touristique. Le travail commencé à partir des photos postées par les internautes sur les réseaux sociaux, alimentant une base de données de plusieurs milliers de photographies, permet de retracer des densités de touristes-photographes au sein de la métropole, et d’identifier leurs itinéraires et pratiques spatio-temporelles. Cette approche est complétée par une base géoréférencée des investissements hôteliers, projets touristiques, etc. au sein de la métropole, à partir d’un ensemble de facteurs co-élaboré avec des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles, permettant une approche comparative des dynamiques touristiques métropolitaines.

Connaître le nombre de touristes passés dans un lieu relève de la gageure et aucune méthode à l’heure actuelle ne s’avère pleinement satisfaisante pour connaître à la fois le nombre de touristes présents dans un lieu à un instant T et leurs itinéraires, cependant, les tracking technologies peuvent se révéler être un outil intéressant pour les chercheurs. Depuis les appels passés ou les SMS envoyés jusqu’aux applications dédiées ou bien encore la technologie Bluetooth qui permettent de les tracer directement dans la ville par le biais de leur smartphone, l’équipe s’attachera à réaliser un inventaire des tracking technologies, en montrant pour chacune d’elle les avantages et les limites. D’autres méthodologies existantes et ne dépendant pas de l’usage des smartphones retiendront aussi notre attention (GPS dont on affuble les touristes, utilisation des retraits et paiements par carte bleue, comptage grâce aux caméras de vidéosurveillances…) afin de réfléchir à une méthodologie applicable à l’ensemble des métropoles étudiées.

A partir des résultats proposés par les différents travaux, et les bases de données élaborées, il s’agira de poser la question des modes de représentation graphique de la métropole touristique, avec pour objectif la production d’un atlas des métropoles touristiques. Plusieurs réunions entre 2009 et 2011 ont permis la mise en place de critères et indices de métropolité touristique, travail préparatoire à un tel atlas (S. Cousin, G. Djament-Tran, C. Fournier, M. Gravari Barbas, X. Decelle, E. Fagnoni, S. Jacquot).

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